Alan Stivell vient d'écrire aux députés. L'objet de ce courrier : la réunification de la Bretagne avec le retour de la Loire-Atlantique. « Mes réflexions sont le fruit de soixante ans d'expérience. Raison de plus pour en tenir compte. D'autant que les milliers de gens qui viennent m'entendre en concerts et en festivals dans le monde ne me trouvent pas gâteux », commence par prévenir Stivell, avec un brin d'humour. Et s'il défend la Bretagne historique, celle à cinq départements, il explique pourquoi : « Comment un(e) Sarthois(e), ou même un(e) Mayennais(e), donnerait la place indispensable à la langue bretonne et quelle histoire de Bretagne serait enseignée ? Économiquement, la Bretagne à cinq aurait un souffle d'optimisme, de dynamisme, de motivation. Nous dépasserions certainement le Pays de Galles. Et, vous pouvez être certains que la Bretagne à cinq ne couperait, pas plus qu'aujourd'hui, les ponts avec Laval ou Angers (!) » Il met aussi en avant ce qui fait, à ses yeux, l'essence de la Bretagne : « Elle pas une simple région comme la Champagne ou l'Orléanais, encore moins un bassin d'emploi, mais une nationalité sans État, comme la Corse et le Pays basque. On ne se permet pas comme ça d'en modifier les contours, encore moins de la faire disparaître. » Allusion à l'idée d'une fusion entre la Bretagne et les Pays de la Loire brandie surtout dans les Pays de la Loire.
