La scène a un petit quelque chose d'insolite, dans cette salle terne à deux pas des velours de l'Assemblée nationale. Aux côtés de députés familiers des lieux, se tenaient ce mercredi le chanteur et harpiste Alan Stivell – celui qui a rendu célèbre le traditionnel « Tri Martolod » – les romanciers Yann Queffélec et Irène Frain. Tous sont là à l'appel de l'association Bretagne réunie pour plaider la cause d'une Bretagne à cinq départements incluant la Loire-Atlantique, à la faveur de la réforme territoriale ouverte par François Hollande.
Le redécoupage proposé ne retient pas pour l'instant cette solution, laissant la Bretagne à quatre départements et la Loire-Atlantique en région Pays de la Loire. « C'est un crime de rayer de la carte la nation la plus ancienne d'Europe, d'en changer les limites millénaires, de voler le bien des Bretons », proclame Alan Stivell, quand Yann Queffélec déplore la « logique jacobine au sommet de l'Etat, qui ne supporte pas les marques identitaires et tend à nous réduire à un folklore qui serait un peu vulgaire ». « La région parisienne se sent en panne d'identité, et le dynamisme de l'identité bretonne peut déranger certains, qui chercheraient à la noyer », poursuit-il.
« Une réforme territoriale qui ne permettrait pas la réunification, c'est un comble » au vu de la « revendication ancienne » qui existe, considère François de Rugy, co-président du groupe écologiste à l'Assemblée et député de Loire-Atlantique. « La Bretagne à cinq, c'est un peu plus gros que l'Irlande et à peine plus petit que le Danemark », expose de son côté le député UMP des Côtes d'Armor Marc Le Fur. «Ça veut dire que nous sommes dans la bonne taille, celle qui permet d'agir. »
